Lettre de soutien à la demande de protection fonctionnelle concernant Samuel Legris, doctorant de l’UPPA

Samuel Legris, doctorant contractuel à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour où il est élu au Conseil d’administration, a fait l’objet d’une interpellation dans le cadre de son terrain de recherche. Ayant demandé la protection fonctionnelle, la présidence a indiqué oralement la lui refuser, avant de revenir sur ses propos, à la suite de la grande médiatisation de l’affaire. Nous publions ci-dessous le communiqué commun des associations de science politique.

N’hésitez pas à lui manifester votre soutien, en signant la tribune ou en cotisant à la cagnotte.


Association Française de Sociologie
Association Française de Science
Politique
Association Nationale des Candidat.e.s aux Métiers de la Science Politique

M. Laurent Bordes
Président de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour

Avenue de l’Université BP 576

64012 Pau Cedex

Lundi 16 janvier 2023

Monsieur le Président de l’Université de Pau et Pays de l’Adour,

Nous avons été informés de la situation de M. Samuel Legris, doctorant en sociologie sous la codirection de Mme Stéphanie Dechézelles, Professeure des universités de sociologie et de M. Jeremy Ward, Chargé de recherche INSERM.
Dans le cadre de sa thèse intitulée «
Une sociologie des mouvements populaires contemporains : les mobilisations antipass en France », M. Legris est amené à collecter des données ethnographiques au moyen d’entretiens et d’observations participantes à des actions collectives. Le 10 décembre 2022, il s’est rendu avec un ordre de mission indiquant qu’il faisait du covoiturage, à la manifestation « contre
la vie chère
» de Montpellier avec trois personnes Gilets jaunes mobilisées sur son terrain de recherche. Il a été interpellé, ainsi que les trois passagers du véhicule, alors qu’ils quittaient un parking pour se rendre à Montpellier puis il a été placé en garde à vue pour vingtquatreheures, nonobstant la présentation d’un ordre de mission dans les heures qui ont suivi l’interpellation.

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Collecte pour le collectif des PrécairESR

Update 23/1/2023

L’inter-collectif des précaires de l’ESR continue son travail d’organisation et coordination. Le coup d’envoi réussi du mouvement social contre la réforme des retraites rend encore plus urgent pour nous l’organisation des rencontres des collectifs en présentiel pour gagner en efficacité. Les discussions d’organisation sont en cours, la date n’est pas arrêtée, mais il serait sans doute pertinent de tenir cette rencontre en février ou début mars au plus tard.

Précisions au sujet de la caisse de mobilisation – 23 janvier 2023

Nous voulions apporter des précisions au sujet de la caisse de mobilisation que nous avons récemment diffusée à l’aide d’Academia et Université Ouverte.

Le Discord “Coordination des précaires de l’ESR et de leurs collectifs” a été fondé en septembre 2022. Il rassemble à l’heure actuelle plus de 200 précaires de l’ESR issu·es d’une cinquantaine d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche. Les précaires de Pau, Toulouse, P13, Aix-Marseille, Saclay, Grenoble, Nantes et P1 y ont des salons. Ont également participé à des réunions du Discord des précaires de P8, de Condorcet, de Montpellier, de l’INRAE, de Sorbonne Université,  de Bordeaux, de Paris-Cité, de Dicensus (Strasbourg), de la CJC et, jusqu’à une date récente, de l’ANCMSP. Les syndiqué·es sont minoritaires, mais tout l’arc syndical de gauche est représenté. Les réunions sont diffusées dans et en-dehors du Discord, via des événements Facebook notamment, mais aussi des post Twitter et des mails sur la liste mail ecprecaires_national@lists.riseup.net. Les comptes-rendus sont disponibles sur le Discord.
L’idée d’une caisse de mobilisation s’est imposée pour permettre l’organisation d’une rencontre nationale en présentiel des collectifs de précaires de l’ESR. Le but premier et actuel et, pour le moment,  modeste de la caisse de mobilisation est de pouvoir proposer aux précaires qui ne pourraient se financer autrement de leur payer les billets de train pour qu’ils et elles puissent se rendre à cette rencontre des collectifs. Au cours de cette rencontre devront être établis des mandats plus détaillés sur la gestion de cette caisse et les autres usages envisagés.

Pour les précaires réuni·es sur le Discord

Grâce à vous, nous avons déjà récolté 900 euros environ.

Entre syndicats étudiants et les syndicats de travailleur·ses, les collectifs de précaires de l’ESR font structurellement figure de parents pauvres : nos possibilités d’auto-financement, première condition nécessaire de l’autonomie politique, sont très limitées. C’est pourquoi l’inter-collectif des précaires de l’ESR lance une caisse de mobilisation :

Son premier usage sera de financer les frais de déplacement des membres des collectifs ne pouvant trouver d’autres apports de fonds pour se rendre à cette rencontre des collectifs de précaires. Mais elle pourra aussi servir à financer l’impression de tracts et affiches et la production de banderoles ; constituer le début d’une caisse de grève, tout particulièrement pour pouvoir compenser les pertes de salaires des vacataires d’enseignement, toujours payé·es à la tâche, …

Nous garantissons la transparence totale sur l’utilisation des fonds récoltés, en publiant régulièrement des bilans. Le véhicule envisagé est l’association Folia, que les précaires membres du comité national de coordination des Facs et Labos en Lutte ont utilisé au cours du premier confinement pour rassembler des fonds destinés aux travailleur·ses précaires de l’ESR et aux étudiant·es en difficulté, à hauteur, en fin de période, de plus de 28 000 euros de dons.

Les collègues qui le peuvent et qui souhaitent soutenir l’auto-organisation des collectifs de précaires sont donc invité·es à réaliser des dons, ponctuels ou mensuels, à la caisse de mobilisation de l’inter-collectif, ainsi qu’à la diffuser autour d’elles et eux.

Mobilisation retraites : les libertés universitaires et le droit de grève attaqués

Photo: Alternative étudiant-es Strasbourg, 19 janvier 2023

À Strasbourg, les CRS sont intervenus à la fin de l’assemblée générale post-manifestation. Sur plusieurs sites, les bâtiments ont été fermés – les agent∙es étant « invité∙es » à télétravailler.

Quelques rappels juridiques de base :

  • Pour ce qui concerne l’initiative strasbourgeoise, les forces de police n’ont en principe pas plus le droit de pénétrer sur les sites universitaires qu’ils n’ont le droit de pénétrer dans des lieux privés. La liste des exceptions est limitativement déterminées (mandat d’arrêt, par exemple). Parmi ces exceptions, il figure la possibilité pour la présidence d’université de demander cette intervention, au titre de ses prérogatives de police administrative tirées de l’article L712-2 alinéa 6. On peut s’inquiéter du fait qu’en pratique, les présidences semblent de plus en plus enclines à faire appel, pour un oui ou pour un non, aux forces de police, comme si – pour reprendre une vieille formule du président Vedel, pourtant pas suspect de gauchisme, “l’enceinte universitaire” n’est désormais “pas plus sacrée que l’enceinte du chemin de fer”. C’est le sens même des “franchises universitaires” que les présidences d’établissement ne voient plus, alors même que ces franchises sont un dispositif central pour la protection de la liberté d’expression et de réunion des agent∙es et des usager∙es du service public de l’enseignement supérieur, à savoir les étudiant∙es. Academia propose une analyse complète ici de ce point, qui représente aujourd’hui un gigantesque angle mort.
  • En vertu des dispositions sur le télétravail dans la fonction publique, le télétravail se fait sur la base d’une convention et du volontariat. Elle ne peut pas être imposée par la direction et elle ne concerne par les enseignants-chercheurs. Cette pratique de fermeture et d’ « invitation » au télétravail pourrait d’ailleurs représentation une atteinte du droit constitutionnel de grève. A suivre.

 

VIDEO. Libertés académiques dans le monde. Un colloque de l’EHESS autour des sciences sociales

L’EHESS vient de mettre en ligne les vidéos de son colloque “Sciences sociales en danger” où étaient invité·es plusieurs chercheuses et chercheurs étranger·es donnant une perspective internationale sur le sujet des libertés académiques aujourd’hui.

1. Engagement dans les sciences sociales : contraintes et tensions dans le monde

Les sciences sociales, en tant que savoirs critiques et émancipateurs, sont exposées aux tensions politiques des contextes où elles se produisent.  Ces tensions varient selon les types de régimes, les régions, les conjonctures historiques ; elles se traduisent par certaines contraintes exercées sur le débat public et les conditions de la recherche et de l’enseignement. À partir d’une cartographie des situations, cette table-ronde identifie les enjeux auxquels les sciences sociales sont confrontées aujourd’hui.

Janika Spannagel (Politiste, Freie Universität Berlin – cluster SCRIPTS), Olivier Jpuanjan (juriste, Panthéon Assas), Marie Ladier-Fouladi (démographe, CNRS/EHESS), Sebastian Veg (historien, EHESS), Nikolay Koposov (historien, Institut de Technologie de la Géorgie, Atlanta, États-Unis), Valentin Behr (politiste, IEA Paris),  Ewa Tartakowski (sociologue, CNRS)

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Mandat d’arrêt international et nouvelle audience. Soutien à Pinar Selek

COMMUNIQUÉ DE PRESSE 16 janvier 2023

Six mois après l’annonce par voie de presse de l’annulation de
l’acquittement, la décision de la Cour Suprême a été enfin notifiée aux
avocat.es de Pınar Selek, ce 6 janvier 2023, par la Cour d’Assise
d’Istanbul. Ces six mois d’attente insupportable et de nouvelle torture
psychologique pour Pınar Selek se soldent par une parodie de justice.
Pınar Selek fait l’objet d’une mesure de mandat d’arrêt international
demandant son emprisonnement immédiat. Cette décision est prise par le
Tribunal Criminel d’Istanbul avant même que les juges de cette
juridiction ne se soient prononcés lors d’une première audience, fixée
au 31 mars 2023.

Le 21 juin 2022, l’agence de presse publique turque a annoncé
l’annulation par la Cour Suprême de Turquie du quatrième acquittement de
Pınar Selek, prononcé le 19 décembre 2014 par le Tribunal criminel
d’Istanbul. Auparavant, Pınar Selek avait effectivement comparu au cours
de trois procédures criminelles, qui ont toutes constaté son innocence,
au long des 25 années de persécution politico-judiciaire qu’elle
continue à subir. Après l’avoir emprisonnée et torturée pour ses
recherches sociologiques sur les Kurdes, le pouvoir turc a décidé de
faire d’elle une « terroriste » en fabriquant de toutes pièces les
éléments voulus pour démontrer contre toute évidence la survenance d’un
attentat, alors que tout a établi que l’explosion du Marché aux épices
d’Istanbul de 1998 a été provoquée accidentellement.

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INSPE Paris. Comment l’islamophobie est enseignée aux futurs profs

En passant

L’INSPE Paris semble se complaire à propager une idéologie nauséabonde: après sa Journée laïcité en 2017, qui avait entraîné un communiqué intersyndical ( Ferc Sup CGT Paris Sorbonne, CGT Educ’action 75, SNEIP CGT 75, Sgen-CFDT 75, Sud Education 75) aussi unanime que cinglant,  son directeur, Alain Frugière s’était fait remarquer pour sa participation dans le « colloque de la honte » sur laquelle il ne s’est jamais expliqué. On se demande à quel point cette caution hiérarchique donne un signal d’encouragement à celles et ceux qui instrumentalisent la laïcité comme « cache sexe » de l’islamophobie et du racisme, qui hiérarchise cultures et individus ?

Extraits. À l’Institut national du professorat et de l’éducation de Paris (INSPE), les étudiants du Master 1 « Métiers de l’Enseignement, de l’Education et de la Formation » (MEEF) suivent un cours sur la laïcité et les faits religieux aux accents… tout sauf laïcs. Blast s’est procuré un document extrait d’un support de travail digne d’un meeting d’Éric Zemmour.

Extraits de documents pédagogiques. Inspe Paris, 2023

Depuis deux jours, un extrait de partiel tombé en M1 MEEF à l’INSPE de Toulouse circule sur les réseaux sociaux. Dès la première question, les étudiants sont mis en situation : « A la fin d’un de vos cours, un élève vient vous interpeller (…). Il y’a quelque chose qu’il ne comprend pas et qu’il trouve injuste : une de ses amies a été exclue de l’établissement car elle refusait d’enlever son foulard. “Pourquoi n’est-on pas libre de s’habiller comme on veut ?” vous demande-t-il. En vous appuyant sur les principes et les valeurs de la République et sur des références juridiques, que pouvez-vous lui répondre ? ».

Epreuve de force budgétaire entre le MESRI et l’Université Paul-Valéry, qui supprime ses capacités d’accueil pour 2024

Comme beaucoup d’universités, l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 est dans une situation budgétaire de plus en plus intenable. Pour l’année 2023, elle vient de voter un budget en déficit de 11,3 millions d’euros, tout en maintenant une campagne d’emploi ambitieuse. En effet, il s’agit d’une des universités les plus sous-dotées en terme d’encadrement. Les embauches prévues apparaissent donc comme un rattrapage urgent et nécessaire.

C’est dans ce contexte que le syndicat étudiant SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier), nouvellement majoritaire au sein de la représentation étudiante de cette université, a fait voter le 10/01/2023 en CFVU (Commission Formation et Vie Universitaire) une mesure inédite : l’université Paul-Valéry refuse de voter les capacités d’accueil en Licence et Master tant que le MESRI n’aura pas alloué une dotation budgétaire à hauteur des besoins de l’établissement.


Victoire historique obtenue par le SCUM en France : l’Université Paul-Valéry vote la fin de la sélection

Ce mardi 10 janvier 2023 avait lieu le premier Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) de l’Université Paul-Valéry pour la nouvelle mandature 2023-2024. Depuis les dernières élections étudiantes de novembre, grâce au score de 56%, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) est majoritaire parmi la représentation étudiante au sein de cette instance, qui prend les décisions relatives à la scolarité, aux examens et à la sélection en Licence et en Master.

Aujourd’hui, nous avons obtenu une victoire historique. Au terme d’une séance du CEVU qui a duré plus de 4h, et avec 15 voix pour, 6 voix contre et 3 abstentions, la motion soumise au vote par les élues et élus du SCUM a été adoptée, elle supprime de fait toute forme de sélection à l’entrée en Licence et à l’entrée en Master pour la rentrée de septembre 2024 dans les termes suivants :

« Le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, réuni ce mardi 10 janvier 2023, décide de ne pas fixer de capacités d’accueil en Licence et Master pour l’année universitaire 2024-2025.

Aux côtés de l’ensemble des personnels, des enseignantes, des enseignants, des étudiantes et des étudiants, nous considérons que la pénurie budgétaire qui frappe l’ensemble des universités ne peut pas être combattue en acceptant de sélectionner les étudiantes et étudiants. Bien au contraire, elle ne peut se combattre qu’en réaffirmant le droit inaliénable à étudier pour toutes et tous.

Nous refusons aujourd’hui de voter des capacités d’accueil au sein de notre université tant que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) refusera d’attribuer à notre établissement une dotation budgétaire pérenne à la hauteur de nos besoins.

Nous appelons l’ensemble des universités, de leurs personnels et de leurs présidences à nous rejoindre dans cette démarche. »

Le vote de la motion du SCUM n’est pas symbolique, il engage l’université Paul-Valéry Montpellier 3 à ne pas définir de limites du nombre de places en Licence et Master pour l’année universitaire 2024-2025, et supprime donc, pour l’instant, la sélection sociale pour la rentrée 2024.

La sélection à l’université accroît les inégalités sociales et plonge directement les étudiantes et étudiants refusés de l’université dans une violente précarité, avec perte de bourses et de logement étudiant. Cette situation s’ajoute au fait de priver ces étudiantes et étudiants de la possibilité de préparer un diplôme, dans un contexte de précarisation accrue du marché du travail.
Le combat contre la sélection est l’un des principaux que le SCUM mène depuis des années. Chaque année, nous faisons inscrire des dizaines d’étudiantes et d’étudiants “sans-fac” suite à des mobilisations victorieuses. Pour cette année 2022-2023, notre lutte a permis d’en inscrire près de 84%, un chiffre qui est en constante augmentation d’année en année.

Si désormais à l’université Paul-Valéry la sélection est pour l’instant refusée, il ne s’agit que d’une bataille de remportée, mais la guerre n’est pas gagnée pour autant. Il est probable que le Ministère de l’Enseignement Supérieur tente de contraindre juridiquement l’université à violer ses propres décisions. C’est pour cela que notre motion votée aujourd’hui demande à toutes les universités de prendre une mesure similaire, afin de contraindre le gouvernement à financer les établissements à hauteur des besoins en termes de places et de postes.

Aujourd’hui, en faisant voter cette décision historique, nous sommes fiers d’avoir fait de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 un symbole d’espoir pour toutes les autres universités. Un symbole d’espoir pour tous les étudiants qui veulent pouvoir effectuer leurs études et les continuer, et un symbole de lutte contre le gouvernement au vu de la bataille contre Parcoursup Master qui s’annonce. Cette décision votée par les étudiants, personnels et enseignants de l’université Paul-Valéry signifie ici que la seule “université d’excellence” acceptable, est celle qui remplit la mission qu’elle prétend avoir : proposer une formation adaptée à toutes et tous afin de leur permettre de préparer leur avenir.

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier continuera à se battre pour le droit de chacun à un avenir sans tri social ni précarité.

Pour celà nous appelons les étudiantes et étudiants à rejoindre la mobilisation contre la mise en place d’une nouvelle plateforme nationale de candidature en Master lors d’un rassemblement jeudi 02 février devant le Rectorat de Montpellier (rue de l’Université, Tramway Louis Blanc).

Et parce que nos luttes ne s’arrêtent pas à la porte de l’université, nous appelons à participer au rassemblement contre la réforme des retraites ce jeudi 12 janvier à 18h devant la Préfecture de Montpellier.

Nous voulons vivre et ne plus survivre !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
http://www.combatuniversitaire.wordpress.com – syndicat.scum@live.fr

Qui veut la peau de la Commission d’Évaluation de l’Inria ? (II)

Ceci est le 2e billet de la série “Qui veut la peau de la Commission d’Évaluation de l’Inria ?”.
EDIT 10/01/2023 -> rajout de la recommandation 13 du rapport de la mission dans l’épilogue.
EDIT 04/03/2023 -> Lettre du président du collège de déontologie du ministère au SNCS est disponible (et jointe)

Rappel du 1er épisode.  Le PDG de l’institut est en conflit avec la Commission d’Évaluation, en particulier autour des listes d’admissibilités. En Juin 2021, il annonce avoir été mis au courant de trois “alertes significatives” de conflits d’intérêts dans des jurys de promotions. Il précisera plus tard qu’il parle des jurys d’admissibilités, présidés par la présidence de la CE, et non ceux d’admissions (où il est seul décisionnaire), malgré les observations qu’il a promu son adjoint sans avis consultatif ainsi qu’un autre membre de son comité de direction malgré l”avis défavorable de la CE.

Suite aux prétendues “alertes significatives”, le PDG décide de mettre en place, unilatéralement, une “mission” (qui n’est pas une commission d’enquête), constituée de 3 membres externes, choisis par la direction de l’institut (pour plus de détails sur cette constitution).

2 : La mission Conflits d’Intérêts

Si il y a eu des situations de conflit d’intérêts qui ont mené au déclassement d’un ou d’une candidat·e : pourquoi nommer une “mission” et non une commission d’enquête ? Quel est son rôle ? Si il y a un problème sur les gestions des Conflits d’Intérêts dans certains processus, pourquoi ne pas alerter pour changer cette gestion ?

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Qui veut la peau de la Commission d’Évaluation de l’Inria ? (I)

Jusqu’où sera prêt à aller le PDG de l’Inria dans son conflit personnel contre la Commission d’Évaluation de l’institut ?

La Commission d’Évaluation (CE) de l’Inria est l’instance en charge de l’évaluation scientifique de l’institut (équivalente du Comité National du CNRS (CoNRS)). Elle contribue à l’élaboration des orientations scientifiques de l’établissement, participe au recrutement et à la promotion des chercheurs et des chercheuses, ainsi qu’à l’évaluation de l’activité des équipes-projets Inria.

À l’Inria, un conflit entre le PDG de l’institut et la Commission d’Évaluation perdure. Ce conflit vient de prendre un nouveau tournant suite à une lettre envoyée par le SNCS-FSU au président du collège de déontologie du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, et la réception de la réponse de ce dernier.

Voici le premier de deux billets visant à expliquer la situation où se trouve l’INRIA désormais et dont la seule issue possible est la démission du PDG de l’Inria.

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Revalorisation pour tous et toutes les contractuel∙les : une pétition à l’INSERM

Dans un arrêté du 26 décembre 2022, la Ministre Sylvie Retailleau établissait égalité de traitement entre tous les agent∙es contractuel∙les doctorant∙es. Une nouvelle bataille commence.

La revalorisation salariale prévue pour janvier 2023 à l’INSERM devrait bénéficier à toutes et tous les contractuel·les, et pas seulement aux nouveaux et nouvelles recruté·es. 

À partir de janvier 2023, un  nouveau barème de rémunération, sensiblement réévalué, s’appliquera aux agent·es contractuel·les de l’INSERM. Une revalorisation indispensable compte tenu de l’inflation galopante et des problèmes d’attractivité rencontrés depuis plusieurs années par l’établissement.
Toutefois, il a été décidé de façon incompréhensible que les contractuel·les qui sont déjà en poste – y compris si leur contrat est renouvelé en 2023 ou
postérieurement – ne sont pas éligibles à cette revalorisation !

Une partie essentielle de la recherche en France est assurée par des agent·es contractuel·les (36% de l’effectif total de l’Inserm en 2021). Cette revalorisation fragmentaire va fragiliser les collectifs de travail en générant, à fonction égale, une inégalité de traitement salarial inexplicable et conduira également de nombreux contractuel.les à démissionner, ce qui risque de mettre en péril nombre d’études et de projets de recherche en cours.

Nous revendiquons la révision de cette décision arbitraire et préjudiciable afin de prévenir une mise en danger de la recherche en France : l’INSERM doit appliquer la même politique salariale à toutes et tous ses agent·es contractuel·les.

Pour signer la pétition →

Pour plus d’information

PSL a pérennisé ses statuts anti-démocratiques pour devenir un « grand établissement »

Le 28 novembre, l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL) a fanfaronné (ici et ), annonçant, après la parution du décret n°2022-1475 du 22 novembre 2022,  que l’établissement sortait de sa période d’expérimentation et que ses statuts étaient pérennisés. Qu’est-ce que ça veut dire ? Est-ce que c’est bien pour les étudiant·es et personnels ?

On vous explique tout dans ce billet.

1. Ce qu’était PSL jusqu’à présent

Après avoir été un Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (Pres) de 2012 à 2015 et une communauté d’universités et d’établissements (Comue) de 2015 à 2019, PSL a bénéficié depuis 2019 d’un troisième statut dérogatoire : celui d’établissement public expérimental (EPE). Ce statut a été créé en 2018 par ordonnance.

Pourquoi ce nouveau statut, si éloigné des besoins réels des étudiant·es et personnels ? Cette ordonnance a été écrite spécialement pour permettre à PSL (fer de lance de la néolibéralisation de l’ESR) et à d’autres constructions bureaucratiques semblables de « faire fusionner sans vraie fusion » les écoles et universités qui les composent. Autrement dit, de permettre aux briques composant ces méga-établissements de conserver leur personnalité morale et juridique. Ou comment monter artificiellement, en tant que PSL, dans l’inepte classement de Shanghaï, tout en pouvant prétendre séparément, en même temps, à des classements pour « petites universités » (ici, l’ENS de Paris).

Ce statut donne une grande liberté aux établissements qui l’adoptent, notamment en ce qui concerne la possibilité de sélection des étudiant·es ou la composition des différents conseils (et donc la démocratie universitaire ou son absence).

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BADASSES ! Nouveau blog contre les violences sexistes et sexuelles dans l’enquête en sciences sociales

BADASSES, blog d’Auto-Défense contre les Agressions Sexistes et Sexuelles dans l’Enquête en Sciences Sociales, publie le Manifeste qui préside à sa création, signé par un collectif de jeunes chercheuses en sciences sociales. Elles entendent lutter contre l’inaction et l’invisibilisation des violences sexistes et sexuelles dans l’enquête scientifique en offrant des témoignages et une veille bibliographique.

https://www.flickr.com/photos/studioh/98577193/in/photolist-9HeyM-azY58z-5TCsA8-czSEdh-pLSspz-cbB9DS-apMBur-4rGhBW-LCFjfA-3VYvc-k5GCK1-4rZV5x-26sEWyK-7rGjr-65yBKX-83A1bq-22Epzws-2m2m9oH-6qGcH2-xs2FNh-233zscB-78nn6J-ggXWef-3awT6G-FemJ99-nMC1sj-9atMkZ-6odtX6-6qa2sA-5Mzvt-679HNv-4eemRG-oNsFD9-4XbfVH-4fcrc-QytYGo-aifpKs-2Lda75-8FL37N-7zZeXs-4rGhC3-4rGhBQ-4rGhBL-2ZCtE1-6tTUg-8z5P6E-jMLMT-4rGhBE-bHHQKF-z5aSE
Badass. Crédit: Chris Humphrey, 2006

Manifeste

« Les anthropologues ne se font pas violer ou harceler, les femmes si »* Moreno, 1995

C’est ce qu’écrivait Eva Moreno dans un article témoignant du viol qu’elle a subi lors d’une enquête de terrain vingt ans auparavant. Ne nous méprenons pas : la date n’explique rien. Aujourd’hui encore, les violences sexistes et sexuelles s’immiscent dans la relation d’enquête. Sans grande surprise, la fonction de chercheureuse ne nous protège pas. C’est parce que femme, ou minorité de genre, qu’on est harcelé·e, agressé·e, violé·e ; et en tant que chercheureuse et sur notre espace de travail que cela arrive.

Loin d’être anecdotiques, les violences sexistes et sexuelles dans l’enquête, tout comme dans l’ESR, sont pourtant invisibilisées : à l’Université, c’est le silence qui règne. Alors que les théories féministes et les études de genre ont largement travaillé sur les violences sexistes et sexuelles, que la sociologie regorge d’outils pour analyser les relations de domination, que la réflexivité dans l’enquête s’est imposée dans les sciences sociales, on ne peut que constater l’absence de la prise en compte de ces violences au sein de nos formations. À l’exception de quelques initiatives personnelles, souvent sous forme de séminaires ou de conseils informels aux jeunes chercheureuses, rares sont les TD de méthodologie où l’on discute de ces problématiques, des ressources dont les étudiant·e·s pourraient se saisir pour mieux penser les méthodes d’enquête, se protéger sur le terrain, et acquérir les outils permettant d’analyser et d’objectiver ces violences.

Pour lire la suite du Manifeste et consulter le blog →