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Information sur l'emploi en sciences humaines et sociales

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Aix-Marseille. Que crève le vieux monde et vive la jeunesse !

  • Texte rédigé à plusieurs mains par un collectif de doctorant-es de l’ED355 (DOCTORANT-ES DE L’ED355, MMSH, ALLSH, AMU)

Chères et chers étudiant-es, collègues, camarades

À l’occasion de cette nouvelle journée de révoltes lycéennes-étudiantes et de mobilisations en leur soutien, nous, doctorant-es, chargé-es d’enseignement et jeunes chercheur-euses de l’école doctorale 355 et de l’UFR ALLSH de d’amU, nous déclarons en mobilisation pour la journée de vendredi 9 octobre, et ce de manière reconductible.

Nous affirmons notre soutien total et inconditionnel aux revendications et modes d’action portés par les lycéen-nes et étudiant-es ainsi que notre opposition à la répression qu’elles et ils subissent. Nous dénonçons toute tentative d’entrave au droit de manifester et de se réunir au sein et abords des campus universitaires d’amU dont la présidence, au nom de « l’ordre public » et du « maintien de l’ordre », permet la présence de forces armées policières. Nous condamnons les appels au calme et au pacifisme qui méprisent l’agentivité de nos étudiant-es et camarades.

Banderole “Etudiants des Beaux-Arts en soutien aux lycéen∙nes”, 6 octobre 2026. CC-BY

Nous revendiquons, à l’échelle de notre établissement, comme dans l’ensemble des lycées et universités publiques françaises, de meilleures conditions d’études et de travail en particulier : la fin des classes surchargées, la rénovation des bâtiments, l’embauche de personnels, la refonte des rythmes scolaires et universitaires, la fin de la sélection sociale dont Parcoursup et MonMaster, l’abandon de la réforme Bienvenue En France et de l’application des frais différenciés pour les étudiant-es étranger-ères, l’université gratuite pour toustes et la suppression de la CVEC, la fin de la précarisation des vacataires, la contractualisation et mensualisation des enseignant-es, l’ouverture de postes et de meilleurs conditions de recrutement.

Les revendications exprimées par les lycéen-nes s’inscrivent dans un continuum direct avec les alertes que nous lançons depuis plusieurs années sur la dégradation drastique des établissements publics d’enseignement et de nos conditions de travail. Nous estimons qu’il est de notre devoir de soutenir et de participer par tous les moyens dont nous disposons à cette colère légitime et aux formes plurielles par lesquelles elle se manifeste.

Nous nous joignons aux appels à une mobilisation reconductible et illimitée de l’ESR et à l’organisation collective sur les campus. Nous nous réunirons à partir de 7h30 ce vendredi 9 et ce lundi 12 octobre dans les jardins de la MMSH durant des petits déjeuners solidaires de doctorant-es dans le but de nous organiser. Au vu de la fermeture du campus Schuman et la suspension des cours à ALLSH jusqu’au 12 octobre, nous invitons les étudiant-es et les personnels à nous rejoindre dès ce vendredi.

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Campus fermés, universités à distance : que peut-on faire ?

Les fermetures administratives d’universités sont de retour ! Prenons deux exemples, parmi mille autres :

  • À l’université d’Aix-Marseille, le président Berton ne fait pas dans la dentelle : par un arrêté du 5 octobre 2026, il décide la fermeture administrative de « l’ensemble des enceintes, bâtiments, des locaux et des accès sur tous les sites et campus […], y compris les bibliothèques universitaires », et accompagne cette fermeture d’une bascule générale des activités en distanciel – « lorsque les fonctions et les conditions le permettent » pour « les personnels affectés sur site », et « dans la mesure du possible » pour « les activités pédagogiques et de formation ».
  • À l’université de Nanterre, la présidente Rolland-Diamond fait davantage dans la subtilité, si l’on peut dire. Dans un courriel adressé à l’ensemble des personnels le 5 octobre 2026, elle affirme soutenir « les revendications au cœur de la mobilisation en cours », en même temps qu’elle ferme « l’ensemble des sites de l’université (Nanterre, Ville-d’Avray et Saint-Cloud) ». Elle prend également soin de préciser qu’« aucun enseignement ne peut être assuré en distanciel pour se substituer à l’enseignement présentiel », mais les personnels administratifs sont aussitôt rattrapés par le col puisqu’ils « sont invités à poursuivre leurs activités à distance lorsque leurs missions le permettent ».

Capture d’écran du courriel de la “présidence” de l’université Paris Nanterre aux personnels du 5 octobre 2026, 19h38

« Les multiples fermetures de sites universitaires et le passage en distanciel semblent avoir limité la mobilisation des étudiants », constate ainsi prudemment Le Monde. Ce n’est pas peu de le dire – et de tels choix présidentiels résonnent directement avec une autre pratique déployée au même moment contre le mouvement lycéen : les arrêtés préfectoraux instituant, autour des lycées mobilisés, des périmètres dans lesquels les rassemblements sont interdits, et qui ont suscité, ces derniers jours, une vague de référés-liberté coordonnée par le Syndicat des avocats de France1. Certes, les instruments juridiques ne sont pas identiques, mais leur logique converge : il s’agit de neutraliser préventivement l’espace dans lequel les mobilisations lycéennes ou étudiantes pourraient prendre corps.

Voici donc où nous en sommes : autour des lycées, les préfet·es interdisent les regroupements dans un périmètre donné ; dans les universités, nos président·es interdisent l’accès aux campus mêmes. La distance qui sépare les techniques de police des second·es de celles des premier·es est donc devenue singulièrement courte, et c’est incontestablement un autre signe de la « préfectoralisation » de nos présidences

Ne pas recommencer l’histoire en 2026

Il y a pourtant quelque chose d’étrange dans les discussions actuelles au sein des collectifs mobilisés : nous semblons parfois redécouvrir un phénomène dont l’université française a déjà fait l’expérience à grande échelle lors du mouvement contre la réforme des retraites en 2023. Il y a trois ans seulement, les fermetures administratives et les bascules en distanciel s’étaient multipliées dans les établissements, suscitant en retour une série de recours devant les tribunaux administratifs, en procédures d’urgence (référés-suspension et référés-liberté, jugés en 2023) comme au fond (recours pour excès de pouvoir, jugés en 2024 et 2025), dont Academia avait fait la chronique. Un premier bilan de ces procès avait été dressé dès avril 2023, avant que le mouvement ne retombe largement et que tout le monde passe à autre chose – à commencer par le collectif Stop Distanciel, qui avait à l’époque enclenché la bataille juridique.

Trois ans plus tard, il faut donc rouvrir les dossiers.

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  1. Plus précisément, les lycées sont, d’une part, fermés par l’administration de l’éducation nationale, alors que des arrêtés préfectoraux instituent, d’autre part, autour de ces lycées mobilisés, des périmètres dans lesquels les rassemblements sont interdits. Les fermetures de lycées, et leur passage en distanciel, sont, semble-t-il, des décisions des directeurices académiques de l’éducation nationale — bref, des rectorats — pris sur proposition des chef·fes d’établissements, en coordination avec les autorités préfectorales ; ce qui est assez intéressant quand on voit que le gouvernement augmente progressivement les pouvoirs des préfet·es sur l’administration de l’Éducation nationale : les rectorats sont déjà, par anticipation, en train de se placer sous la hiérérachie préfectorale. Ces décisions de fermeture et de passage en distanciel n’ont pas, à notre connaissance, été contestées — mais il faut signaler qu’elles n’ont pas non plus été publicisées clairement —, à la différence des mesures préfectorales d’interdiction de rassemblement. [↩]

Aix-Marseille Université: Tous les étudiants et toutes les étudiantes sont bienvenu∙es dans nos cours et dans notre université

Les universitaires ne veulent pas cautionner la xénophobie d’État, portée par le ministre Philippe Baptiste et quelques universités dont Aix-Marseille Université.
En mai 2026, en effet, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a décidé de multiplier par 14 les frais d’inscription (soit 2900€/ an pour une licence, 3900€ pour un Master). Plusieurs universités ont jugé que son application était impossible à la rentrée, alors qu’elles avaient déjà accueilli des centaines d’étudiant·es sur des bases financières bien moindres. D’autres ont informé pendant l’été que les frais étaient modifiés. 
C’est le cas à Aix-Marseille Université, où 5 500 étudiant·es étranger·es extracommunautaires ont appris à la rentrée, qu’ils et elles ne pouvaient pas s’inscrire sans s’acquitter des droits colossaux avant le 30 septembre, le 5 octobre ou le 16 octobre (ou d’autres dates surgissant dans le flou entretenu par l’université). Elles et ils ont été notifiés qu’ils pouvaient faire une demande à la commission d’exonération seulement une fois les frais payés. Pendant ce temps-là, le président Éric Berton qui a refusé à plusieurs reprises de recevoir les organisations étudiantes, se répand dans les médias, pour appeler à la création d’un “salaire étudiant” ou de porter un projet Jeunesse 2027.
Devant la détresse de leurs étudiant·es, la xénophobie, le caractère discriminatoire et inconstitutionnel de ces politiques, ainsi que le zèle et la duplicité du président d’Aix-Marseille Université, les enseignant·es d’AMU ont écrit une tribune, tribune qu’ils sont à ce jour plus de 300 à avoir signé et qu’ils invitent toutes les universités concernées à reprendre. 
#ResistESR

Banderole “Pas de rentrée sans étudiants étrangers”

Tous les étudiants et toutes les étudiantes sont bienvenu∙es dans nos cours et dans notre université.

Étudiant·es d’amU, quelles que soient votre nationalité, votre situation administrative, vous êtes bienvenu·es dans nos cours !

Aix Marseille Université se présente comme une université « ouverte sur le monde » qui « accueille chaque année une communauté étudiante multiculturelle ». 
Cette ouverture est aujourd’hui gravement mise en danger par les mesures xénophobes prises par le gouvernement. Depuis avril 2019, le gouvernement français a décidé la mise en place de droits d’inscription différenciés pour les étudiant·es extra-communautaires s’inscrivant dans un établissement d’enseignement supérieur pour l’obtention d’un diplôme national : 2 902 € en licence et 3 950 € en master. Jusqu’ici, les universités pouvaient exonérer partiellement ces étudiant·es. Le décret n° 2026-385 du 19 mai 2026 limite fortement ces possibilités d’exonération.
Cette évolution du cadre réglementaire est incompatible avec l’engagement de l’enseignement supérieur en général, et de l’Université Aix Marseille en particulier, pour l’égalité des chances, l’inclusion et la solidarité. 
Nous nous opposons fermement à cette mesure qui impose une préférence européenne dans l’accès au savoir. Nous ne sommes pas devenu·es enseignant·es pour reproduire des dominations xénophobes. Nous voulons continuer d’enseigner dans une université ouverte à tous·tes. Nous ne pouvons pas envisager donner cours dans une université inaccessible aux étudiant·es de certains pays. 
Nous nous alignons avec les revendications portées par la mobilisation étudiante en cours : 
  1. Exonération totale des frais d’inscription différenciés : que tous·tes les étudiant·es paient les frais “nationaux”
  2. Inscription “en attente de paiement” de tous les étudiants extra-communautaires ayant reçu une proposition d’admission et report du délai de paiement des frais d’inscription à fin décembre (après que la présidence de l’université aura décidé qui est exonéré)
En cette rentrée 2026, nous, enseignant·es à Aix Marseille Université, nous engageons à accueillir dans nos cours l’ensemble des étudiant·es ayant reçu une proposition d’admission, qu’iels aient payé ou non leurs frais d’inscription. 

Manifestation sur le site Robert Schuman, avec la banderole “pas de rentrée sans étudiants étrangers”

  • Pour contacter le collectif interorga en vue d’étendre aux autres universités : RUSF13

Consultations des agents : demande d’une contre-expertise pour un EPST IRD repensé !

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L’existence de l’IRD  comme EPST est menacée. Pourtant, ni le MESR, ni la direction  de l’Institut  n’apportent aujourd’hui de garanties claires sur son maintien, ses emplois, ses missions et ses partenariats. Pire ! Pas de méthode, pas d’agenda, pas de dialogue social dans le contexte de la mission de préfiguration annoncée début septembre. Quant au MEAE, il est aux abonnés absents. N’est-il pas concerné par la disparition annoncée de l’EPST sur lequel s’appuie la diplomatie scientifique nationale?

L’avenir de l’IRD ne peut pas être décidé dans l’urgence, sans projet scientifique expliciteet sans les personnels.

Une mission de préfiguration sans aucune garantie

La PDG affirmait le 3 septembre que « ni la personnalité juridique ni l’autonomie budgétaire de l’IRD ne seront affectées au cours de cette phase de réflexion ». Le maintien de l’IRD pendant les quelques mois d’une mission de préfiguration ne saurait constituer une garantie sur son avenir.

La question essentielle demeure : l’IRD conservera-t-il ensuite sa personnalité juridique, son autonomie budgétaire et sa capacité stratégique ? L’enjeu est bien au-delà d’une « marque IRD ». À ce jour, aucune réponse ferme n’a été apportée. Toutes les options seraient ouvertes.

La direction a indiqué la semaine dernière que la mission de Michel Eddi n’avais pas débuté faute de lettre de cadrage ! Annoncer un bouleversement institutionnel majeur avant d’en avoir défini le mandat et la méthode, relève d’une impréparation irresponsable quand la première échéance est fixée début 2027.

Quels scénarios la mission doit-elle examiner ? Selon quels critères scientifiques, sociaux, budgétaires et diplomatiques ? Avec quelles garanties pour les emplois, les carrières, les unités, les implantations, les personnels recrutés localement et les dispositifs de partenariat ?

La science doit guider toute réflexion

La composition annoncée par la PDG du groupe interne de réflexion paraît accorder une place prépondérante aux fonctions administratives, financières, juridiques et de ressources humaines. Ces compétences sont nécessaires, mais l’avenir d’un organisme de recherche doit d’abord partir de ses missions scientifiques.

Où sont les chercheuses et chercheurs, les ingénieures et ingénieurs, les techniciennes et techniciens, les jeunes scientifiques, les unités, les commissions  scientifiques, le conseil scientifique, les personnels locaux et les partenaires du Sud ?

L’IRD dispose de compétences et d’outils spécifiques tels que les bourses de thèse internationales, les missions longue durée, les expatriations, les LMI/JEAI indispensables pour développer et renforcer des partenariats construits sur le temps long, permettre un accueil de nos agents dans les institutions partenaires dans de nombreux pays,  mettre à disposition des  dispositifs  de  recherche  partagés  et  co-construits,  co-former  des  jeunes scientifiques, et contribuer à la diplomatie scientifique française. Ces missions ne sont ni un doublon ni une simple« marque », et encore moins une « économie à faire ». Elles reposent sur des équipes, des implantations, des moyens et une autonomie de décision visant à répondre à des enjeux majeurs à l’échelle mondiale, aux répercutions bien visibles en France métropolitaine et d’Outre-Mer, et à identifier des solutions soutenables, efficaces pour les sociétés, particulièrement importantes dans cette période de changements globaux.

On ne construit pas l’avenir d’un organisme scientifique avec un organigramme, un tableau

budgétaire et quelques éléments de langage.

Communiqué intersyndical — septembre 2026

 

Aucune démonstration des économies ni des gains attendus

Aucune étude publique et contradictoire n’a établi les dépenses de transition pour une absorption par le CNRS,  l’avenir des fonctions support et des implantations, les risques de désorganisation scientifique, les effets sur les partenariats internationaux, ni les économies réellement attendues. Aucun  gain d’efficacité n’a davantage étédémontré. Une réforme de cette ampleur ne peut reposer sur des affirmations non documentées.

Le dialogue social doit commencer avant les décisions

La lettre de mission des ministères de tutelle demande un « dialogue social constructif » et « l’anticipation des risques humains ». Dans les faits, les personnels et leurs représentants restent tenus à l’écart, ils l’ont largement exprimé dans les assemblées organisées récemment. Le SNTRS-CGT et le SNCS-FSUont même dû insister pour que les conséquences du projet soient inscrites à l’ordre du jour de la F3SCT du 16 septembre 2026. Aucun calendrier précis de consultation, aucune méthode de travail ni aucune garantie d’association des instances représentatives et scientifiques n’ont été présentés.

Le dialogue social ne consiste pas à informer  les personnels une fois  les arbitrages rendus. Les CSA et F3SCT doivent être consultés dès le début, disposer de documents complets et pouvoir formuler des avis avant toute décision. Les inquiétudes et la colère exprimées dans les assemblées générales sont d’autant plus légitimes qu’elles interviennent après plusieurs années de dégradation des conditions de travail, de sous-effectifs, de réorganisations récurrentes, et de tensions professionnelles (avec risques psychosociaux systémiques).

Préserver l’EPST IRD ne signifie pas défendre le statu quo.

Les difficultés de fonctionnement de l’IRD et la nécessité de le réformer doivent être reconnues (cf. rapport HCERES 2026). Pour autant elles ne justifient pas la disparition de l’IRD : elles imposent au contraire de renouveler sa direction générale et scientifique, de rétablir un dialogue social digne de ce nom, de renforcer ses moyens et de définir une stratégie scientifique claire.

Nos exigences

  • L’abandon immédiat de tout projet conduisant à la disparition de l’IRD comme EPST. Notre ligne rouge est le

maintien de sa personnalité juridique, et donc de son autonomie budgétaire et de sa capacité stratégique.

  • La publication immédiate de la lettre de mission, du calendrier, de la méthode, des scénarios étudiés, et des

critères d’évaluation de M. Eddi, afin que les instances de dialogue social s’en saisissent.

  • La création d’un groupe de scientifiques, indépendant de la direction et de la mission de M. Eddi, représentatif des unités, des instances scientifiques, et de toutes les catégories de personnels des délégations et des représentations à l’étranger comme dans les Outre-mer. Son objectif: travailler sur un projet scientifique alternatif, clair, ambitieux, spécifique, permettant de préserver l’EPST IRD.
  • La mise en place d’une expertise  certifiée  indépendante et pluridisciplinaire dont l’objectif sera d’étudier deux scénarios : (i) le maintien et le renforcement de l’IRD comme EPST, et (ii) l’absorption de l’IRD au sein du CNRS. Le cabinet expert travaillera en synergie avec le groupe de scientifiques susmentionné et identifiera les verrous organisationnels et structurels ainsi que les dysfonctionnements limitant l’efficacité et les missions scientifiques de l’IRD. Il recommandera des pistes d’amélioration  pour préserver l’EPST  dans le cas (i) et proposera des solutions permettant d’éviter les conséquences scientifiques, sociales, budgétaires, juridiques, internationales et environnementales de l’absorption  dans le cas (ii). Cette  contre-expertise ou « contre- mission » indépendante est indispensable. Sa mise en place dépend d’un vote à la majorité des représentants du personnel lors d’une F3SCT dédiée, que nous souhaitons dans les meilleurs délais. Les agents présents à l’AG du 22/09 appellent donc à l’union syndicale pour la voter et la direction à la mettre en œuvre sans délai.

Défendons ensemble l’intérêt général – C’est maintenant !

SNCS-FSU  •  SNTRS-CGT  •  SUD Recherche EPST

sncs-fsu@ird.fr     •   sntrscgt@ird.fr    •   sud-recherche@ird.fr

Communiqué intersyndical — septembre 2026

#BoycottExLibris!

Ex Libris (groupe Clarivate) est la société israélienne qui commercialise Alma, le principal Système de Gestion de Bibliothèque (SGB) utilisé par les établissements documentaires universitaires français. Son acquisition par Proquest (2015) puis par Clarivate (2021) soulève d’importantes problématiques relatives à la protection de la vie privée1, puisque par cette fusion, la société Ex Libris (Clarivate) ne s’est plus contentée de fournir des services de bibliothèque, mais est devenue une entreprise d’analyse des données, utilisant les bibliothèques universitaires comme « conduits de données personnelles »2, en vendant les données de ses utilisateur·ice·s académiques à des tiers. D’après l’initiative à but non lucratif Invest in Open Infrastructure, « bien que l’ampleur des dommages que ces sociétés d’analyse de données causeront aux institutions de recherche soit encore inconnue, les analyses et les prédictions sont notoirement biaisées et invasives dans tous les secteurs, conduisant à une surveillance discriminatoire, à des arrestations et à des décisions biaisées sur qui peut ou ne peut pas participer au marché, et au marché des idées.»3

Ex Libris commercialise ses produits auprès des bibliothèques de l’université hébraïque de Jérusalem et de l’université d’Ariel, cette dernière ayant été construite au sein de la colonie en Cisjordanie homonyme afin de faire avancer l’agenda politique des partis de droite israéliens souhaitant pérenniser l’occupation israélienne et saper la possibilité d’une autodétermination palestinienne. La liberté académique y est fortement restreinte puisque le personnel universitaire d’Ariel doit s’aligner avec l’agenda politique de la colonie qui la soutient, et les collègues israélien.ne.s dissident.e.s appellent à agir pour la défense de leurs propres libertés (le Conseil des Présidents des université israéliennes a condamné la décision du gouvernement d’accorder à cette institution le statut d’université), mais aussi celle des Palestinien.ne.s qui ne peuvent circuler librement dans cette colonie, ni accéder sans permis aux établissements universitaires implantés sur leur territoire4. Il est donc probable que dans le contexte universitaire israélien et particulièrement dans les universités implantées dans les territoires occupés, la société Ex Libris (Clarivate) collabore activement par l’analyse de données personnelles à la répression de la liberté académique et à la surveillance des voix dissidentes sur les campus israéliens.

De façon plus générale, la mise à disposition d’Alma, solution logicielle maintenue par Ex Libris, auprès de l’Université d’Ariel5 participe au maintien illégal de l’occupation israélienne en Cisjordanie. Or, la France a voté la résolution adoptée par l’Assemblée générale des nations unies le 18 septembre 2024 par laquelle elle doit “prendre des mesures pour que [ses] nationaux et les sociétés et entités relevant de [sa] juridiction ainsi que [ses] autorités, s’abstiennent de tout acte qui impliquerait la reconnaissance de la situation créée par la présence illicite d’Israël dans le Territoire palestinien occupé ou qui constituerait une aide ou une assistance au maintien de cette situation.”6 Très vraisemblablement, les financements versés par les établissements supérieurs français à Ex Libris (Clarivate) au titre de ses prestations pour la fourniture de SIGB constituent indirectement une assistance au maintien de la situation créée par la présence illégale d’Israël dans les territoires palestiniens occupés.

Aujourd’hui, il est possible d’agir contre ces marchés publics.

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  1. ‘Resources – Library Freedom’ <https://libraryfreedom.org/resources/> [accessed 29 May 2025]. 2018 vendor privacy policy scorecard : https://drive.google.com/file/d/1HiPhLJyj_rsJs45bCb4TyeT_llPXr7Sc/view [↩]
  2. ‘The Conquest of ProQuest and Knowledge Unlatched: How Recent Mergers Are Bad for Research and the Public’, Invest in Open Infrastructure, 16 December 2021. [↩]
  3. Ibid. [↩]
  4. ‘The Truth about Ariel University – Israeli Academics for Peace’ <http://israeli-academics-for-peace.org.il/en/the-truth-about-the-ariel-university/> [accessed 26 May 2025]. [↩]
  5. On peut ainsi constater que le catalogue informatisé de la bibliothèque de l’université d’Ariel est l’outil Alma-Primo, solution logicielle d’Ex Libris : https://web.archive.org/web/20231013044132/https://ariel.primo.exlibrisgroup.com/discovery/search?vid=972ARIEL . [↩]
  6. Res ES 10:24 p. 6-7, point 4 et 5. [↩]

Attaque gouvernementale contre l’IRD. « Un État efficace ne se réduit pas à l’élimination de supposés doublons ». Communiqué intersyndical du 24 juillet 2026

Communiqué SNCS-SNTRS-Sud Recherche

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Le gouvernement revendique la construction d’un « État efficace ». Parmi les mesures annoncées figure la « rationalisation » des opérateurs publics, au nom d’une simplification de l’action publique. Derrière ce vocabulaire se cache pourtant une logique bien plus brutale : faire disparaître ou fusionner des établissements jugés redondants. Cette logique atteint aujourd’hui la recherche publique et menace directement l’Institut de recherche pour le développement (IRD) que l’État veut dissoudre dans le CNRS.

Mais, qu’appelle-t-on un doublon ? Qu’est-ce qu’une économie en recherche ?

Deux organismes qui font de la recherche sont-ils nécessairement interchangeables ? Peut-on réduire quatre-vingts années de partenariats, d’expertise, de présence internationale et de confiance patiemment construite, à une simple ligne dans un organigramme ? À ces questions, le gouvernement n’apporte aucune réponse.

Le calendrier lui-même interroge : alors que les décisions se préparent au coeur de l’été, le débat démocratique n’existe pas. Une telle réforme ne peut se faire par une procédure accélérée.

Derrière la rationalisation, une vision appauvrie de l’État

L’efficacité d’un État ne se mesure pas au nombre d’établissements qu’il fait disparaître. Elle se mesure à sa capacité à préserver ce qui constitue ses forces stratégiques.

La recherche publique n’est pas une dépense comme une autre. Le maintien de l’IRD ne grève pas le budget de l’État, il est au contraire un levier pour mobiliser des financements extérieurs et un investissement sur le futur. Il aide à anticiper les conséquences des changements en cours et donc à faire des économies, à moyen et long terme, pour l’adaptation aux changements et la prévention des risques à l’échelle locale, régionale et globale. L’IRD, en effet, produit des connaissances, éclaire les décisions publiques, forme les générations futures et construit des relations internationales face aux bouleversements en cours au plus près des populations des Suds et de l’Outremer. Les recherches de l’IRD sont essentielles pour anticiper et réduire le coût de la lutte contre les dérèglements environnementaux auxquels font face les populations : celles de la France, de ses outremers et des Suds.

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La CP-CNU communique : déontologie, droits différenciés, avancement de grade, précarité

La commission permanente du CNU (CP-CNU) s’est réunie en assemblée plénière le 18 juin 2026.
 

Lors de cette assemblée, la CP-CNU a adopté la charte de déontologie relative aux membres du Conseil national des universités.

Cette charte établit les règles et principes de désignations des rapporteurs ainsi que ceux s’appliquant à l’examen des dossiers dans le cadre des procédures. Elle rappelle que les critères des sections doivent être transparents. Ces critères ne sauraient être uniquement quantitatifs (en particulier, les informations bibliométriques sont fortement déconseillées) mais doivent considérer la qualité de la recherche fondée sur l’appréciation scientifique des travaux par les membres de la section.
La charte rappelle les règles d’équité et d’impartialité ainsi que de confidentialité. Sur ce point, la charte précise que les rapporteurs ne doivent pas utiliser des modes d’analyse et d’évaluation automatisés ou robotisés des dossiers tels que l’Intelligence Artificielle (IA) qui pourraient porter atteinte à la confidentialité des éléments des dossiers.
Enfin la charte préconise que les membres de la section renoncent personnellement à toute demande de promotion au niveau national.

L’assemblée a également voté trois motions :

Campagne d’accompagnement des vacataires à Paris 1. De premières victoires qui en appellent d’autres

Academia relaie le communiqué sur les premières victoires pour que les vacataires soient enfin respecté·es. 

23/06/2026

Depuis un an, plusieurs dizaines de vacataires de l’Université Paris 1, accompagné·es par le collectif doctorant·es & vacataires de la CGT Ferc, ont engagé des procédures contentieuses contre l’Université pour des raisons d’absences de paiement, refus de paiement, refus de prise en charge des frais de transport, et non respect de la loi sur la mensualisation de la paie des vacataires.

Le tribunal administratif de Paris a rendu une première ordonnance de jugement dans le cas d’un des recours contentieux, et condamne l’Université Paris 1 à verser 600 euros à un·e requérant·e au titre du préjudice moral de ne pas avoir été payé·e tous les mois, comme l’exige la loi. C’est la première fois depuis l’introduction de la mensualisation de la paie des vacataires dans la loi qu’une université est condamnée à verser des préjudices. L’ordonnance de jugement est claire, pour qui en doutait encore : mensualiser la paie, cela veut dire payer tous les mois, dès la fin du premier mois de travail.

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Décès de Marie Desbois : pas un·e mort·e de plus à l’Université

Le 8 juin 2026, Frédéric Magrat annonçait auprès de plusieurs listes de diffusion disciplinaires, de syndicats, de notre adresse de contact et d’autres personnes, le suicide de Marie / Maria Desbois (pseudonyme), qui alertait publiquement depuis des années sur la détresse engendrée par sa précarité dans l’ESR. Suite à cette annonce, l’ASES, relayée par l’AFS, a publié un message de soutien et rappelé les ressources existantes pour faire face aux détresses. Le 10 juin, le collectif Nous ne voulons plus mourir à l’université a diffusé sur la liste de l’ANCMSP un message appelant à agir face à la précarité généralisée et l’absence massive de postes de titulaires. Avec leur accord, nous reproduisons ici ce message. Toute l’équipe d’Academia s’associe aux prise de position publiques et au message privés pour exprimer sa colère face à la situation délétère de l’ESR, et son plus profond soutien aux proches de Marie / Maria Desbois.

C’est avec une immense tristesse et une aussi grande colère que nous prenons connaissance du suicide de Marie Desbois. Nous pensons évidemment à elle, à sa famille, ses ami·es, ses collègues.  

Précaires de l’ESR, cette nouvelle nous est absolument insupportable, et ce à tant d’égards.

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Le traitement des VSS à l’UPEC : comment le silence pèse

Dans le cadre des élections aux conseils centraux de l’Université Paris-Est Créteil (16 et 17 juin 2026), les listes “Union des personnels pour l’UPEC” — des listes intercatégorielles et soutenues par l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU (SNESUP et SNASUB) et SUD — ont ouvert un blog afin de documenter les pratiques d’une université de banlieue qui, bien que portée au quotidien par une multitude de personnels remarquables, dysfonctionne en tant qu’institution, ainsi qu’Academia l’a déjà documenté plusieurs fois. Les situations relatées dans ce blog ne relèvent évidemment pas seulement d’enjeux locaux ; elles illustrent, souvent de manière particulièrement visible, des évolutions qui traversent aujourd’hui l’ensemble de l’ESR. C’est pourquoi plusieurs de ces billets sont reproduits sur notre carnet. Documentons encore et encore ce qui est en cours.

En date du 15 décembre 2025, les personnels de l’IUT Sénart-Fontainebleau reçoivent un mail de la présidente de l’UPEC les informant que leur directeur est « empêché » d’exercer ses fonctions et qu’une direction provisoire prend le relais.

Les enseignant-es, personnels, présent-es alors au sein de l’établissement s’inquiètent : le directeur a t-il eu un accident ? Un problème de santé ? C’est un grand fumeur… Auprès de qui peuvent-ils prendre des nouvelles, peut-on l’appeler ?

Dès lors, un silence épais, entrecoupé de bruits de couloir et de rumeurs diverses, s’installe à l’IUT. « c’est une affaire de harcèlement moral », « non, pas moral, sexuel » «  c’est une affaire de viol », « telle BIATSS est concernée », « oui, mais aussi une enseignante » « et apparemment des étudiantes », « il paraît que telle étudiante était mineure », « mais moi il ne m’a jamais rien fait, je ne peux pas y croire », « oui mais tel collègue masculin qui a longtemps travaillé avec lui savait », « on sait bien de toute façon, il n’est pas le seul concerné, tel autre enseignant est connu pour des attitudes déplacées vis-à-vis des étudiantes ».

Comme dans toutes ces affaires, tout le monde sait ou croit savoir. Comme dans toutes ces affaires, certain-es brandissent la présomption d’innocence et salissent d’ores et déjà des plaignantes dont le comportement n’aurait pas été exemplaire.

Le 2 mai, soit près de 6 mois après ce mail laconique et lacunaire, stupeur et sidération des collègues à la lecture du Parisien.

Capture d’écran, leparisien.fr, 1er mai 2026

L’article parle-t-il du directeur « empêché » ? S’agit-il d’un autre ? Après tout, les cadres formateurs ne manquent pas à l’IUT… et les affaires de VSS ne manquent pas dans l’enseignement supérieur comme ailleurs.

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Opposition aux frais d’inscription différenciés pour les étudiant·es extra-communautaires

Plusieurs conseils d’université se sont prononcées contre le décret 2026-385 du 19 mai 2026 portant sur la limite d’exonération des frais d’inscription différenciés. Nous recensons les différentes initiatives ci-dessous:

  • Présidence de l’EHESS, communiqué du 1er juin 2026
  • Présidence d’Aix-Marseille université, communiqué du 29 mai 2026
  • Conseil d’administration de l’université Paris-Saclay, motion du 26 mai 2026
  • Comité de direction de l’Institut des Hautes Études d’Amérique Latine (Université Sorbonne Nouvelle), motion du 26 mai 2026
  • Conseil de l’UFR Sciences de Aix-Marseille Université, motion du 22 mai 2026
  • Conseil d’administration de Paris Cité, motion du 22 mai 2026
  • Présidence de Paris-Nanterre, communiqué du 22 mai 2026
  • L’université Rennes-2 n’appliquera pas les frais d’inscription différenciés à la rentrée 2026, communiqué du 21 mai 2026
  • Conseil de l’UFR ALLSH de Aix-Marseille Université, motion du 21 mai 2026
  • Sénat académique de Paris Cité, motion du 19 mai 2026
  • Conseil d’administration de l’université Marie et Louis Pasteur de Franche-Comté, motion du 19 mai 2026
  • Conseil d’UFR restreint de l’Institut d’urbanisme et de géographie alpine (IUGA) de l’Université Grenoble Alpes, motion du 19 mai 2026
  • Conseil d’administration de l’université de Toulouse Jean Jaurès, motion du 12 mai 2026

Une année de procès à l’UPEC : chronique contentieuse d’un service public dégradé

Dans le cadre des élections aux conseils centraux de l’Université Paris-Est Créteil (16 et 17 juin 2026), les listes “Union des personnels pour l’UPEC” — des listes intercatégorielles et soutenues par l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU (SNESUP et SNASUB) et SUD — ont ouvert un blog afin de documenter les pratiques d’une université de banlieue qui, bien que portée au quotidien par une multitude de personnels remarquables, dysfonctionne en tant qu’institution, ainsi qu’Academia l’a déjà documenté plusieurs fois. Les situations relatées dans ce blog ne relèvent évidemment pas seulement d’enjeux locaux ; elles illustrent, souvent de manière particulièrement visible, des évolutions qui traversent aujourd’hui l’ensemble de l’ESR. C’est pourquoi plusieurs de ces billets sont reproduits sur notre carnet. Documentons encore et encore ce qui est en cours.

Entre mai 2025 et mai 2026, plusieurs décisions de justice concernant l’UPEC ont été rendues par le tribunal administratif de Melun et le Conseil d’État. Prises isolément, chacune pourrait être regardée comme un litige ponctuel parmi les milliers de situations administratives qu’une grande université doit gérer chaque année. Mais leur accumulation, leur proximité temporelle et surtout leur cohérence d’ensemble racontent autre chose. Ces affaires révèlent des dysfonctionnements importants au sein de l’établissement, en termes de respect des droits des personnels ­— en particulier contractuels —, de qualité des procédures internes et de fonctionnement collégial des instances.

 

Il serait évidemment trop simple d’y voir la seule responsabilité des dernières présidences de l’université. Comme dans d’autres secteurs du service public — et notamment à l’hôpital — ces dysfonctionnements s’inscrivent dans un contexte plus large : sous-financement chronique de l’enseignement supérieur, multiplication des appels à projets au détriment des financements pérennes, gestion sous contrainte permanente, surcharge des services, précarisation des personnels… Les services administratifs universitaires apparaissent aujourd’hui largement exsangues, souvent placés dans l’impossibilité matérielle d’assurer correctement leurs missions ordinaires.

Mais si les présidences d’université ne sont pas à l’origine de cette situation, elles contribuent directement à l’aggraver lorsqu’elles choisissent de l’accompagner plutôt que de lui résister : ce sont bien des choix locaux qui font que les procédures deviennent de simples formalités, que les instances collégiales sont réduites à enregistrer des décisions déjà prises ou que les droits les plus élémentaires doivent être obtenus sous contrainte contentieuse. Bref, plutôt que de multiplier les dispositifs d’excellence, les appels à projets et les réorganisations spectaculaires, il faudrait peut-être déjà commencer par une exigence plus simple : permettre à l’université d’assurer correctement ses missions fondamentales, dans des conditions de travail, d’enseignement et de recherche dignes, stables et respectueuses des individus comme des règles collectives qui fondent le service public universitaire.

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Gratuité payante des droits étudiants : un “gouvernement des juges” ou des juges de gouvernement ?


Philippe Baptiste, directeur de cabinet de Frédérique Vidal, 2018

Le 2 juillet 2020, Academia publiait une analyse alarmante  analyse alarmante de la réponse du Conseil d’État  à la question prioritaire de constitutionnalité portée par de nombreuses organisations, sur la “gratuité payante” et la discrimination imposée par la loi “Bienvenue en France”.  Alors que Philippe Baptiste tente un coup de force autoritaire au CNESER, boycotté par  95% des membres hier, Paul Cassia en interroge une nouvelle fois la constitutionnalité. 

  • par Paul Cassia, professeur de droit public à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. tribune publiée initialement dans Le Monde

Dans un contexte budgétaire rendu délibérément catastrophique pour les universités par les politiques publiques nationales, le gouvernement croit avoir trouvé le remède nécessaire et inéluctable : faire davantage contribuer financièrement les usagers de l’enseignement supérieur public aux frais de fonctionnement de leurs établissements d’appartenance par une augmentation des droits d’inscription, lesquels, avec environ 500 millions d’euros par an, représentent aujourd’hui moins de 3% des recettes des établissements, alors que les trois quarts de ces ressources proviennent de subventions étatiques.

Sur ce terrain, il existe depuis 2018 deux catégories d’étudiants : d’une part, les étudiants français et européens, qui s’acquittent de 178 euros pour une année de licence et de 254 euros pour une année de master ; d’autre part, les étudiants étrangers non européens, qui doivent débourser 2 895 euros pour accéder à chacune des trois années de licence et 3 941 euros pour chacune des deux années de master. En pratique, la plupart des étudiants étrangers bénéficient aujourd’hui d’exonérations, dont l’actuel ministre de l’enseignement supérieur a annoncé le 21 avril le tarissement prochain, avant peut-être que lui ou son successeur ne décide de caler le niveau des droits d’inscription des étudiants nationaux et européens sur ceux qui sont demandés aux étudiants étrangers.

En réalité, aucun étudiant de l’enseignement supérieur public, peu importe sa nationalité, l’établissement ou l’année d’inscription, ne devrait se voir demander quelque droit d’inscription que ce soit puisque, selon le 13e alinéa du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui a pleine valeur constitutionnelle sous la Ve République,

« l’organisation de l’enseignement public gratuit (…) à tous les degrés est un devoir de l’Etat ».

Voilà une disposition constitutionnelle d’une limpidité cristalline. Elle s’applique à l’enseignement public primaire, secondaire et supérieur ; elle prévoit non pas un principe – qui induirait des exceptions – mais une gratuité pure et simple.

Dans le vocabulaire courant, chacun sait ce que signifie ce terme sans qu’il soit besoin d’ouvrir un dictionnaire : est gratuit ce qui ne coûte rien. Cette acception du mot « gratuit » est universelle, intemporelle, et l’on ne connaissait pas jusqu’en 2018 de pays ou d’époque où, par un invraisemblable oxymore, il y aurait place pour une « gratuité payante ». Il aura hélas fallu attendre le 11 octobre 2019 pour que le Conseil constitutionnel décide, de manière non seulement contre-intuitive, mais manifestement contraire à la lettre et l’esprit du texte constitutionnel, qu’en France, pour l’enseignement supérieur, l’Etat pouvait faire payer l’accès à un service public dont la Loi républicaine suprême prévoit la gratuité : il a alors jugé que « des droits d’inscription modiques » pouvaient être perçus comme condition d’accès aux universités, « en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiants ».

La décision du 11 octobre 2019 constitue un excellent exemple de ce que peut être le « gouvernement des juges » : les juridictions administratives et constitutionnelles adaptent la règle de droit au bénéfice des pouvoirs publics, c’est-à-dire de l’intérêt général, et au détriment des intérêts individuels (ici, ceux des étudiants). Des « juges pour le gouvernement », en quelque sorte.

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Résolument antifascistes, hier comme aujourd’hui. Appel à manifester le mardi 3 mars 2026

 

  • Communiqué des syndicats CGT des universités lyonnaires, 25 février 2026

Le moment politique que nous vivons depuis le décès du militant néo-nazi Quentin Deranque nous sidère. Samedi 21 février, un défilé s’est tenu à Lyon avec toutes les nuances de l’extrême droite, enchaînant les slogans racistes, homophobes et les saluts nazis à proximité de nos Universités. Nombre de militants présents sont bien connus pour appartenir à des groupuscules pétainistes, nationalistes-révolutionnaires, ou identitaires. Plusieurs activistes condamnés par la justice pour leur violence ou ayant fondé des groupes d’extrême droite aujourd’hui dissous (l’Oeuvre française, la Citadelle, etc.) étaient présents dans le cortège.

Le danger “pour l’ordre public” représenté par cette manifestation n’a pas été considéré comme justifié par la préfecture et le ministre de l’Intérieur, malgré les appels de plusieurs responsables politiques dont le maire de Lyon. Le danger était pourtant bien réel, et aujourd’hui, faute d’avoir écouté les alertes, la préfecture se retrouve à saisir la justice au sujet de cette manifestation. Livrées à elles-mêmes, les universités n’ont eu de choix que celui de la prudence, en fermant les bibliothèques universitaires et de nombreux locaux sur nos campus ce samedi. Des messages de vigilance, voire d’encouragement à se confiner ont été envoyés à la communauté étudiante. De nombreux évènements festifs et progressistes dans toute la ville de Lyon et aux alentours ont aussi été annulés.

Non à la diabolisation de l’antifascisme !

Nous refusons l’inversion morale du débat public qui consiste à rendre l’extrême droite fréquentable et à diaboliser toutes formes de revendications progressistes. Jamais nous ne renverrons dos à dos le fascisme et l’antifascisme. En revanche, rien ne peut justifier de continuer de frapper une personne déjà à terre, car il ne s’agit plus alors de se défendre. Nous condamnons donc les agissements virilistes qui en sont la cause et nous déplorons le décès de Quentin Deranque.

Photo d'un mur "Soutien aux antifas lyonnais.Vive l'autodéfense populaire", encadré par ses auteurices masquéees

Bruxelles, Belgique. @RadicalGraffiti.bsky.social, 25 février 2026

Nous nous indignons de l’instrumentalisation d’un décès par une frange importante de l’élite politique, patronale et médiatique qui a décidé de pactiser avec l’extrême droite. Cela conduit à une offensive idéologique contre l’antifascisme et le bloc politique progressiste. Elle est menée non seulement par l’extrême-droite mais aussi par des membres du gouvernement, et par une partie de l’Assemblée Nationale, ayant organisé une minute de silence pour la mort du militant néo-nazi, sans égard pour les morts et la violence causés par l’extrême droite ces dernières années, largement documentés par des chercheur·euses et des journalistes.

Une situation locale explosive et connue

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Les bibliothècaires du Muséum en grève depuis un mois !

Les personnels du Muséum national d’histoire naturelle ont entamé depuis plusieurs semaines une lutte pour l’augmentation de leurs primes et la rémunération majorée des samedis travaillés, n’ayant actuellement pas d’autres choix que de récupérer en temps majoré ce travail.
Pour l’instant sans réponse concrètes à leurs revendications, iels assurent depuis le 31 janvier, chaque samedi un piquet de grève devant le 38 rue Geoffroy Saint-Hilaire entre 11h et 15h.
Votre soutien peut prendre plusieurs formes:

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